09 juillet 2007
Ma Sexo'alitée
Voilà des mois, peut-être même une année que je n'ai plus aucune activité sexuelle. Activité sexuelle dans le sens du rapport partagé avec une partenaire. Parce que bien sûr je reste faillible face au désir, face à mes hormones qui se mettent en ébullition certaines fois, et dans ces moments-là, je succombe facilement au(x) plaisir(s) solitaire(s).
Je m'amuse souvent à dire sur un ton humoristique, au travers de diverses conversations, que je suis autosexuel… et je finis par en être convaincu. J'ai cette capacité à pouvoir me satisfaire du peu qui s'offre à moi, et donc de m'autosatisfaire. Cela rejoint encore et toujours cette fameuse cérébralité dont je parle souvent, comme si j'arrivais à me sustenter d'elle, à en tirer la plus profonde petite miette nourricière, l'infime quintessence. Et quand bien même je ne trouve pas tout ça dans mes pensées, je le crée, puisque le sublime de cette intellectualisation est de pouvoir tout maîtriser.
Depuis de nombreux mois donc, je vis dans cette autarcie, cette autosuffisance si bénéfique pour mon âme toujours plus exigeante et si malsaine pour mon épanouissement d'homme. Parce que de trop penser, de trop créer, de trop sublimer et de trop s'auto sexualiser, on s'emmure dans une forme d'isolement, de séquestration masochiste dans laquelle on finit toujours par trouver une source de plaisir(s). Et le cercle tourne ainsi, chaque jour un peu plus.
J'en viens à me poser la question, lorsqu'il m'arrive de prendre le temps d'y réfléchir.
Suis-je malheureux de ma situation ?
Malheureux serait un mot extrême à mon goût. Il me semble que je prends les choses avec une certaine philosophie et un certain détachement. J'ai toujours su me contenter de ce que j'avais. Certains diront qu'il s'agit d'un manque cruel d'ambition ou parleront de facilité. Pour ma part, je ne le vois pas comme ça. Peut-être suis-je fataliste, mais les choses sont ainsi et je ne me pose pas plus de questions par rapport à mon isolement. C'est une période ; les aléas de la vie font que, … et puis je dois dire au risque de passer pour quelqu'un de blasé que j'ai eu une époque bien plus agitée en matière de sexualité. J'allais de plans glauques en parties fines, multipliant les coups de queue et les caresses. Il n'y avait dans tout ça que du sexe cru, violent, sans autre volonté que de vouloir baiser pour le simple plaisir de baiser. Pas le moindre regret sur cette période. J'ai eu la chance d'y connaître des choses merveilleuses, d'y découvrir un peu plus sur moi-même et sur les autres. J'y ai aussi appris à me connaître intérieurement. C'est peut-être de cette période-là que j'ai tiré un besoin d'avoir plus…
Et à chercher à vouloir avoir plus, j'en arrive donc à m'écarter de toute compagnie. Je fuis d'ailleurs de plus en plus toutes les voies qui pourraient me permettre de briser ma solitude physique, moi qui multipliais il y a encore quelques années de ça les partouzes et les plans cul offerts sur un plateau.
Peux-être que je fuis tout ça parce que j'ai peur de ce que je suis devenu, peur de ne plus pouvoir jamais m'accrocher à une autre âme, tellement enfermé dans cette foutue cérébralité où je me sens si bien à l'heure des émanations lubriques et charnelles qui transpirent de mon esprit. Mon putain d'esprit !
Mais en réalité, mon esprit va très bien.
C'est mon corps qui ne va plus. C'est mon corps qui ne suit plus. Il ne veut plus de toute cette débauche ni de ces dépravations incertaines et " orgiesques ". Il finit presque par en être dégoûté au petit matin, ne demandant alors à la dépouille dormant près de lui que de partir au plus vite, sans rien dire, sans un mot, sans un sourire… " Casse-toi … "
Alors pour ne pas faire de mal, pour ne pas blesser, il préfère se refermer sur lui et baiser son esprit, le torturer dans tous les sens et lui faire cracher son orgasme et ses spasmes. Ainsi, il n'a pas à souffrir de ce qu'il n'a pu avoir et surtout, de la façon dont il aurait voulu l'avoir.
Seule donc cette fichue cérébralité donne encore un peu de vie à ma libido. Oh bien sûr, j'en désire toujours autant des femmes, je peux m'en émouvoir, mais quelque chose m'interdit et me retient d'aller au-delà de cette simple stimulation visuelle.
Tout simplement le manque de passion… parce que ma passion est surement restée ailleurs…
Sincèrement, je ne pense pas en être malheureux, ou alors c'est que je le vis très bien, ce qui ne m'étonnerait qu'à moitié tellement je peux être indépendant et distant dans certaines situations. Et puis si j'en étais réellement malheureux au point d'en crever de rage et d'amertume, il me semble que mon attitude serait tout autre, et plutôt que d'enchaîner les lignes sur ce blog, mon pouvoir de séduction serait en train d'agir ailleurs, dans une réalité bien plus consistante.
C'est étrange d'être bercé dans cette dualité. Fantasmer des choses indicibles, obsessioner en s'en faire péter jusqu'au dernier neurone, sublimer les forces de l'explosion colossale lorsque l'on ferme ses paupières, trembler d'une frénétique tentation impérieuse pour une aura éthérée et ne pas vouloir s'en approcher de trop près de peur de la toucher, en craindre son évaporation soudaine et sentir cette déception venir vous bouffer de l'intérieur, petit à petit et irrémédiablement.
Le fantasme et la réalité sont comme deux amants.
Ils se détestent autant qu'ils s'aiment, ils s'étreignent autant qu'ils se brutalisent, ils se jouissent l'un de l'autre autant qu'ils se vomissent l'un sans l'autre, ils s'acharnent à grands coups de couteaux ensanglantés autant qu'ils se crèvent et s'épuisent à rejoindre la petite mort.
Et moi je suis là au milieu, comme un con.
Commentaires
Bonjour,
Encore un texte que j'apprécie...
peut etre...
peut etre que dans l inconscient de ta conscience l amour commence a avoir un autre abouticement que le plaisir ...
ton blog est tres beau mots et photos je reviendrai!!
bonne continuation !
inflorescence
Merci...
... pour vos commentaires et vos visites.
C'est donc avec un grand plaisir que je vous y accueille.
A bientôt :-)
Et moi je suis au milieu comme un con".
Ton texte est assez troublant de paradoxes et de déchirures en toi et tu t'assommes bien avec cette dernière phrase ! Tu aimes bien te dévaloriser, te "fracasser" ainsi, n'est-t'il pas? C'est plus facile pour toi que de te dire que t'es peut-être un con inintéressant et banal plutôt que d'accepter que tu puisses être quelqu'un de génial et que tu puisses être aimé dans toute ton intégralité, défauts et qualités compris, hmmm?
(on dirait que je me parle à moi-même lol :D^^)
A trop se poser de questions c'est vrai qu'on finit par s'enfermer sur soi-même, j'en sais quelque chose. Mais comme toi j'aime ce que je suis, même si j'en souffre parfois, disons que.... c'est surtout que je ne me vois pas vivre autrement, vivre sans me poser de questions et sans cette cérébralisation de la vie qui est la mienne.
Et s'il fallait plutôt voir cette "balance" comme un équilibre et faire en sorte qu'elle reste toujours près du milieu? Je ne crois pas qu'il soit négatif d'être du côté de la solitude, de l'indépendance, de l'auto-sexualité etc... Mais quand ça balance trop de ce côté-ci, à toi de faire rebasculer un peu de l'autre côté, celui de l'ouverture, de l'acceptation que tu puisses être aimé, aimer aussi, que tu es aimé tel que tu es aussi et de t'aimer;)
C'est pas bon de s'ouvrir trop, c’est pas bon de s'enfermer trop, je crois vraiment que la meilleure sérénité est de trouver l'équilibre entre les deux....
En ce qui concerne la photo, je suis admirative de ton imagination carrément débordante ! Belle lumière et belle croix de vie! Tu peux aussi la retourner dans l'autre sens et te laisser guider par ce que la "flèche écorchée" en haut de la photo voudra bien te montrer comme chemin à emprunter ;)
...
Tu es doté d'une magique ecriture. elle transporte aux confins de ton être et de ton chemin les lecteurs curieux et amateurs d'art et de rapports que nous sommes....
Ton texte peut ecoeurer, titiller, choquer ou envouter, meme peut-être peut-il tout faire naître à la fois, mais en tout cas ton clavier délicieux sous tes doigts malicieux ne me laissent pas de marbre... la seduction en prose trop poetique, meme sans être rose...
Maître Ero, ne Gène personne
Merci pour ce trés joli commentaire Beth.
Je vois que tu apprécies les beaux mots également et que tu les maitrises.
Bienvenue sur mon blog donc.
Légèreté
Ce texte est purement magnifique..
mais je rejoins quelques personnes..à force de se triturer trop les neurones et ne pas se laisser aller (sans se laisser aller à la facilité bien entendu) il faut aussi s'ouvrir...et à mettre la barre trop haute et se perdre en conjectures tu risques de passer à côté de choses toutes simples, ces petits moments de plaisir et de bohneur.
Laisse toi aimer tout simplement avec tout ce que cela comporte, il y a sûrement quelqu'un qui ne demande que ça...sourires
Bien à vous cher vous ..
TAKE CARE... Et bel été à toi.
two years later...
deux ans plus tard et surement un texte qui pourrait être réécrit sans que n'en bouge une virgule, peut être... Combien de conversations et de virtuels fantasmes interchangeables et éphémères, depuis?
La protection a outrance empêche la douleur autant que le bonheur, la vie en ersatz... Que vaux elle sans ce qui nous rend fous? La fête forraine et ses manèges aux sensations fortes mais artificielles et éphémères. Je veux entrer dans la lumière, pleurer, rire et vomir. La vie est imprudence putain, c'est ce qui est bon!
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=244749&pid=5569751
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :