14 octobre 2007

31 juillet 2007
J'ai Hauts Mes Tris
L'Amour devrait être une chose simple.
Soit, deux points bien distincts.
A et B, qui mènent chacun à leur manière une petite existence toute tranquille.
A et B donnent alors une direction à leurs cheminements respectifs, définissant ainsi deux droites indépendantes l'une de l'autre.
Bien souvent, les droites restent parallèles, ne se rencontrant jamais.
Parfois, elles ne font que se croiser avec fulgurance, sécantes qu'elles sont, et tracent ainsi deux perpendiculaires éphémères.
Il arrive néanmoins que ces droites se rencontrent de façon plus assumée et regardent dans la même direction.
Le segment, de longueur variable, vient de naître.
Et si A et B songent vraiment à un alignement infini, le segment se mue en demi-droite.
Bien entendu, il faut prendre un peu de hauteur avec tout ça, et regarder les choses sous un autre angle, Galilée ne s'étant pas pris la tête à nous démontrer que la Terre était ronde pour rien (Eratosthène aborda le sujet bien avant, mais je laisse les spécialistes débattre du rôle de chacun dans cette reconsidération du Monde).
La Terre est ronde donc, et si on s'élève un peu, notre demi-droite infinie finirait bien par ressembler à une longue courbe qui s'enroule autour d'un axe, pour former un cercle parfait.
Le cercle.
N'est-ce pas là le symbole de l'Amour, tout simplement ? Nos alliances n'en sont-elles pas la plus belle des preuves ?
Seulement, comme il existe toujours une exception qui confirme la règle, cette brève et simpliste déduction serait bien trop aisée.
Parce que l'Amour ne se résume pas simplement à un point A et un point B.
Il y a d'autres variables que nous devons prendre en considération.
C par exemple peut se retrouver parfois inclus sur la même droite, voir même s'en détourner de quelques degrés.
Alors, la triangulation de l'Amour devient d'une extrême complexité tant dans sa définition que dans sa forme.
A et B peuvent tour à tour devenir n'importe quel des trois côtés de ce triangle malléable, dessinés à loisir par C qui jongle avec les compromis, les hésitations, les joies, le sexe, les secrets, les enfants,…la Vie.
En fait je suis dans l'erreur (comme à chaque fois que j'ai eu affaire à la géométrie !) car cette vision n'est pas la bonne.
Je devrais parler, non de triangle, mais de parallélépipèdes et autres polyèdres joyeux où s'entre-baisent lignes, médianes, droites, courbes, angles et toutes ces variables qui font que l'Amour n'a pas de forme !
Parce que l'Amour n'a pas de forme !
Ni même de démonstration, et encore moins de définition juste et véritable.
Et puisque mon raisonnement bâclé souffre de trop d'inexactitudes scientifiques - moi qui ai toujours eu une sainte horreur de la rationalité - en tant que point A je préfère m'en tenir au théorème vaporeux et licencieux suivant :
A + B = d'Eux
… en référence à mon point B.
29 juillet 2007
En Vide d'Elle

26 juillet 2007
Reste Haut Rang
C'est ce soir-là que j'ai compris que je ne pourrais plus t'aimer.
T'aimer dans la perspective de te donner, de te confier mes années à venir et toute la consistance de ma vie.
Comme si j'ouvrais les yeux après tant de temps à n'avoir existé que par toi et que je voyais enfin la médiocre réalité de ma, de notre situation. Mes paupières enfin relevées et la mise au point faite sur toi, j'ai enfin vu ce qui m'avait échappé, ce que dans mon fétichisme inconditionné j'avais complaisamment oublié.
Tout ce que je pouvais détester le plus au monde était en toi, là, devant moi, dans ce restaurant où seul le désir d'être vue et admirée te poussait à parader et à te sertir de ton plus artificieux sourire.
C'est ce soir-là que j'ai compris, en te regardant te défaire lamentablement de toutes les beautés que j'avais su te trouver.
Tes gestes, tes mots, tes attitudes, ta façon de saisir le verre pour le porter à ces lèvres tant baisées aux heures brûlantes de nos ardeurs, tes doigts brisant le pain dans un fracas intenable, le son de ta bouche devenue soudainement hideuse encombrée par la pitance de haut vol qui nous fut servie.
Toi qui étais de haut rang jusqu'à ce soir-là, tu n'avais plus qu'à te mettre au rang...
Pauvre paumée noyée par les flots de flatteries et de courbettes de ta soi disante Cour des miracles.
Sais-tu combien tu as pu ce soir-là me faire comprendre que mon idéal de vie et d'amour n'avait plus aucune place pour toi ?
C'est au moins le seul remerciement que je puisse à ce jour te faire, et si tu venais à tomber par hasard sur ces quelques lignes, souviens-toi qu'en leur temps bien d'autres te furent dédiées, vaillamment placées sous tes yeux aveuglés par l'insoutenable superflu.
Alors si aujourd'hui tu me lis, sache que tu ne le mérites pas.
17 juillet 2007
Conte, Hante toi de Moi

Je reste amusé de voir à quel point les histoires d'amour se passent toujours bien dans les récits enfantins ou dans les contes. Jamais n'y sont abordés l'infidélité, la tromperie et l'esprit humain résolument volage par essence et par faiblesse. Oui, je sais. Il s'agit là d'un tableau bien peu reluisant que je me fais de l'humain en général, mais l'animal qu'est l'Homme ne peut déroger aux règles de mère Nature, même s'il est doué de cette capacité à aimer, s'attacher, choisir, respecter et user de son libre arbitre et de sa conscience.
Il arrive tout de même dans ces histoires, parfois, qu'on fasse intervenir un méchant, un vil personnage, qui avouons le reste bien sage au regard de ce qu'il est possible de faire subir dans ce bas monde. A croire que l'enfant ne peut pas comprendre que le prince charmant n'est pas toujours seul sur son grand cheval blanc. Alors, pour le préserver, on le protège de tout ça, on lui fait miroiter un monde idyllique, sans voies détournées, où brillent les étoiles sur un fond de coucher de soleil qu'une fois grand il cherchera à retrouver, à reproduire. Par normalité. Par bienséance.
Je ne suis pas en train de dire qu'un monde rempli de perversions et de dérives soit meilleur ! Je suggère juste que la vie d'adulte est bien plus complexe.
J'ai toujours abordé la tromperie comme en élément déterminant dans mon rapport aux autres, ne pouvant me résoudre à être autrement qu'extrême dans ma possession et ma jalousie. Je ne rentrerai pas dans la définition et les différences de ces termes. Chacun en aura sa propre explication en fonction de ses sensibilités, de son éducation, de ses expériences. Toujours est-il que je ne peux supporter de me savoir blessé lorsque je découvre que ma confiance a été trahie. C'est d'ailleurs étrange car - occultons l'idée que j'ai toujours été d'une perfection sans faille - je remarque qu'on se pardonne bien plus facilement ses propres écarts que ceux des gens qu'on aime. Et avant même de se les pardonner, on se les octroie sans un scrupule. L'idée n'est pas de tendre à cette sainteté suprême qui viserait à faire de sa vie un sacerdoce ou un apostolat ad vitam eternam. Cette pensée reste néanmoins belle, mais qui ? - quel couple, peut encore se vanter de pouvoir faire de sa vie et de la vie de l'autre une simple et même quête inaltérable ?
Non, je crois que pour prendre toute l'ampleur de la tromperie, il faut avoir soit même trompé sans penser au mal que cela pouvait faire, puis se retrouver dans la situation inverse et voir, s'apercevoir, et découvrir toute l'envergure du désastre que cela engendre en nous. Alors, seulement, on comprend. Admettre de se voir démoli, comprendre que son Amour n'a pas pu se suffire de nous, et que dans un autre, Il ou Elle a trouvé ce qu'elle n'avait pas avec nous (bien entendu, il existe un certain nombre de cas où la tromperie est vécue comme une perversion voulue du couple, et à cela je n'ai rien à opposer).
En réalité, je me demande si le plus dur finalement est de ne pas être confronté à ses propres erreurs, ses défaillances et ses moments d'égarement. Alors oui, d'être trompé nous renvoie à notre propre image boiteuse et caduque. S'entendre dire qu'on est un salop n'est jamais bien agréable, mais comprendre et intégrer qu'on en est un ! (...)
Mais bien sûr dans les contes, on est jamais le salop.
Moi qui suis donc un possessif et un jaloux, serait-ce donc que trop de belles histoires me furent contées ?
Peut-être.
A me fourvoyer dans des bras trop accueillants et des cuisses bien trop ouvertes, j'ai bien entendu causer du tord et fais du mal. Perdu également des Amours à qui j'aurais malgré tout pu donner ma vie. Et en juste équilibre, je crois pouvoir dire que les retours de bâton furent à la hauteur de mes épanchements orgasmiques. Il me semble aujourd'hui que ces expériences font partie intégrante d'une vie équilibrée. Il faut la connaître cette putain de rage qui vous empoigne le cœur et les tripes, qui vous arrache avec violence la moindre parcelle de vie pour la transformer en désert stérile, vidé de tout, sans goût, et pire, sans vie. Et comme de vouloir se mutiler un peu plus, on ne cherche pas à savoir pourquoi, mais comment, pour qui, depuis quand ? A croire qu'il faille se suicider jusqu'au bout pour pouvoir renaître et se retrouver. Sauf qu'il arrive qu'on se perde dans ces questionnements, et on ne se retrouve plus, on ne se relève pas, et on reste là, sur l'échafaud de son échec.
Au fond, on sait tous pourquoi il nous arrive d'être faibles ou de subir les faiblesses d'un autre. Oui, on le sait, c'est enfoui au creux de nous, mais on a simplement du mal à se l'avouer parce que cela dénote trop de cet idéalisme enfantin, de cette princesse et de ce prince charmant. Et puis ce n'est pas franchement plaisant de se dire qu'on porte ce mal en nous et qu'on est un salopard. Heureusement, l'Homme à cette capacité à se persuader de plein de choses. Qu'il peut être bon, qu'il peut changer, qu'il peut résister. Tel un enfant à l'écoute d'une histoire, il s'identifie, s'idéalise et se magnifie. Il devient son propre héros en somme. Parce que le héros n'a rien de moche et de malsain. C'est toujours plus valorisant d'être un héros plutôt qu'un salopard !
(...)
Merde, je ne sais plus ce que je voulais dire… Je me perds dans des considérations que je n'ai pas le temps d'approfondir ce soir, et la relecture me fait penser que je n'ai pas répondu un seul instant à ce désir d'écrire qui m'a parcouru l'échine toute cette journée.
J'avais ce putain de titre en mémoire qui m'a tenu en éveil depuis tôt ce matin. Il était là, ayant surgi de je ne sais où, à tambouriner dans ma tête, appelant des mots qui ne voulaient pas sortir et qui continuent à s'agiter en moi.
"Conte, hante-toi de Moi"
Je le trouve magnifiquement riche en significations ce titre.
Plus je le lis et le relis, plus j'en décortique les lettres et les syllabes ; par jouissance de tous les récits qui en naissent dans mon esprit.
C'est ma belle histoire à moi…
15 juillet 2007
Sans Mal
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Les ça, d'Ô ou des lits
Manipulent les maux, se jouent des lies
S'enferment dans les bas-fonds en pleurs
Et s' éclairent du rouge des fesses meurtries.
Les sades, dos gantés de simili
Possèdent les âmes, accouchent les cris
S'enchaînent aux corps des uns soumis
Et figent les autres des gouttes de leurs bougies.
Laisse à d'Ô, d'Ô à Lui
Suffoque les mots, se risque au délit
S'évade dans les baffes, on en pleure
Et se pare, écarlate, des chairs endolories.
Les sades, dos tournés face à l'interdit
Disposent des armes, enfantent les Shibaris
S'attachent aux corps, sages dessous mis
Bondagent les autres, vils et méchants insoumis.
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09 juillet 2007
Ma Sexo'alitée
Voilà des mois, peut-être même une année que je n'ai plus aucune activité sexuelle. Activité sexuelle dans le sens du rapport partagé avec une partenaire. Parce que bien sûr je reste faillible face au désir, face à mes hormones qui se mettent en ébullition certaines fois, et dans ces moments-là, je succombe facilement au(x) plaisir(s) solitaire(s).
Je m'amuse souvent à dire sur un ton humoristique, au travers de diverses conversations, que je suis autosexuel… et je finis par en être convaincu. J'ai cette capacité à pouvoir me satisfaire du peu qui s'offre à moi, et donc de m'autosatisfaire. Cela rejoint encore et toujours cette fameuse cérébralité dont je parle souvent, comme si j'arrivais à me sustenter d'elle, à en tirer la plus profonde petite miette nourricière, l'infime quintessence. Et quand bien même je ne trouve pas tout ça dans mes pensées, je le crée, puisque le sublime de cette intellectualisation est de pouvoir tout maîtriser.
Depuis de nombreux mois donc, je vis dans cette autarcie, cette autosuffisance si bénéfique pour mon âme toujours plus exigeante et si malsaine pour mon épanouissement d'homme. Parce que de trop penser, de trop créer, de trop sublimer et de trop s'auto sexualiser, on s'emmure dans une forme d'isolement, de séquestration masochiste dans laquelle on finit toujours par trouver une source de plaisir(s). Et le cercle tourne ainsi, chaque jour un peu plus.
J'en viens à me poser la question, lorsqu'il m'arrive de prendre le temps d'y réfléchir.
Suis-je malheureux de ma situation ?
Malheureux serait un mot extrême à mon goût. Il me semble que je prends les choses avec une certaine philosophie et un certain détachement. J'ai toujours su me contenter de ce que j'avais. Certains diront qu'il s'agit d'un manque cruel d'ambition ou parleront de facilité. Pour ma part, je ne le vois pas comme ça. Peut-être suis-je fataliste, mais les choses sont ainsi et je ne me pose pas plus de questions par rapport à mon isolement. C'est une période ; les aléas de la vie font que, … et puis je dois dire au risque de passer pour quelqu'un de blasé que j'ai eu une époque bien plus agitée en matière de sexualité. J'allais de plans glauques en parties fines, multipliant les coups de queue et les caresses. Il n'y avait dans tout ça que du sexe cru, violent, sans autre volonté que de vouloir baiser pour le simple plaisir de baiser. Pas le moindre regret sur cette période. J'ai eu la chance d'y connaître des choses merveilleuses, d'y découvrir un peu plus sur moi-même et sur les autres. J'y ai aussi appris à me connaître intérieurement. C'est peut-être de cette période-là que j'ai tiré un besoin d'avoir plus…
Et à chercher à vouloir avoir plus, j'en arrive donc à m'écarter de toute compagnie. Je fuis d'ailleurs de plus en plus toutes les voies qui pourraient me permettre de briser ma solitude physique, moi qui multipliais il y a encore quelques années de ça les partouzes et les plans cul offerts sur un plateau.
Peux-être que je fuis tout ça parce que j'ai peur de ce que je suis devenu, peur de ne plus pouvoir jamais m'accrocher à une autre âme, tellement enfermé dans cette foutue cérébralité où je me sens si bien à l'heure des émanations lubriques et charnelles qui transpirent de mon esprit. Mon putain d'esprit !
Mais en réalité, mon esprit va très bien.
C'est mon corps qui ne va plus. C'est mon corps qui ne suit plus. Il ne veut plus de toute cette débauche ni de ces dépravations incertaines et " orgiesques ". Il finit presque par en être dégoûté au petit matin, ne demandant alors à la dépouille dormant près de lui que de partir au plus vite, sans rien dire, sans un mot, sans un sourire… " Casse-toi … "
Alors pour ne pas faire de mal, pour ne pas blesser, il préfère se refermer sur lui et baiser son esprit, le torturer dans tous les sens et lui faire cracher son orgasme et ses spasmes. Ainsi, il n'a pas à souffrir de ce qu'il n'a pu avoir et surtout, de la façon dont il aurait voulu l'avoir.
Seule donc cette fichue cérébralité donne encore un peu de vie à ma libido. Oh bien sûr, j'en désire toujours autant des femmes, je peux m'en émouvoir, mais quelque chose m'interdit et me retient d'aller au-delà de cette simple stimulation visuelle.
Tout simplement le manque de passion… parce que ma passion est surement restée ailleurs…
Sincèrement, je ne pense pas en être malheureux, ou alors c'est que je le vis très bien, ce qui ne m'étonnerait qu'à moitié tellement je peux être indépendant et distant dans certaines situations. Et puis si j'en étais réellement malheureux au point d'en crever de rage et d'amertume, il me semble que mon attitude serait tout autre, et plutôt que d'enchaîner les lignes sur ce blog, mon pouvoir de séduction serait en train d'agir ailleurs, dans une réalité bien plus consistante.
C'est étrange d'être bercé dans cette dualité. Fantasmer des choses indicibles, obsessioner en s'en faire péter jusqu'au dernier neurone, sublimer les forces de l'explosion colossale lorsque l'on ferme ses paupières, trembler d'une frénétique tentation impérieuse pour une aura éthérée et ne pas vouloir s'en approcher de trop près de peur de la toucher, en craindre son évaporation soudaine et sentir cette déception venir vous bouffer de l'intérieur, petit à petit et irrémédiablement.
Le fantasme et la réalité sont comme deux amants.
Ils se détestent autant qu'ils s'aiment, ils s'étreignent autant qu'ils se brutalisent, ils se jouissent l'un de l'autre autant qu'ils se vomissent l'un sans l'autre, ils s'acharnent à grands coups de couteaux ensanglantés autant qu'ils se crèvent et s'épuisent à rejoindre la petite mort.
Et moi je suis là au milieu, comme un con.
02 juillet 2007
Embras(s)e Moi !

01 juillet 2007
