Tais-toi moins fort !
Je ne te le dis pas souvent je le sais bien, mais c'est par pudeur bien plus que par dédain que je reste souvent muet, lointain et discret.
Il n'est aucune autre que j'aspire autant que toi du fond de mon âme.
Oh bien sûr, j'en vois toute la journée des désirables, de ces " je me la taperai bien". Et après ?
Je les matte oui, je leur reluque les formes qu'elles cachent si maladroitement en me disant que j'aimerais bien les consommer.
Mais même si j'en avais l'occasion je ne le ferais pas.
Je cherche parfois à leur plaire, mais je ne cherche pas à les avoir. Je les matte avec perversion, pour mieux m'imaginer, pour mieux supposer ce qu'elles auraient à m'offrir, pour me voir en train de les honorer dans ma fougue d'homme, dans un bureau, dans une cave, ou encore dans un lit. Juste pour mon plaisir égoïste. Mais aucunement je ne cherche à les avoir. Cela ne m'intéresse pas ; moi qui aime tant le cul pourtant… Cela ne m'intéresse pas parce que je t'ai toi. Oui tu es MON cul, MA chatte, MA bouche, et bien plus encore que tout cela ! Tu es MON désir. Le seul. L'unique. Le vrai. Celui pour lequel il m'arrive de regarder ailleurs, juste pour mieux le retrouver le soir et le rendre vivant. Tu es mon obsession ! Parce que le vrai désir, le vrai amour, c'est celui pour lequel on peut se passer de tout… même de sexe ! Car je ne vois pas en toi que mon objet ou ma machine à m'envoyer en l'air. C'est toi que je sens aux premières heures du matin. C'est ta peau que je convoite lorsque j'ai froid, c'est ta douceur que je veux lorsque je m'éveille et lorsque je m'endors. C'est toi que je veux parce que je sais que tu me veux autant et toutes les nymphomanes du monde n'y pourront rien changer. Tu es ma fierté, mon innocente dépravée, mon alter égo, mon deuxième moi en quelque sorte. Tu es mon amour, et de mon amour je ne me dégoûte de rien ou presque. Quand bien même tu serais malade à en vomir que je t'embrasserais. Il n'y a pas de restrictions à mon amour. Tu es moi, tu es en moi, je ne peux pas me dégoûter de toi, même si je ne peux pas tout aimer. Oui, voilà. Je peux ne pas tout aimer de toi, mais je peux comprendre…et m’abandonner par confiance en toi. En nous.C'est de toi dont je suis malade ! Seules tes mains peuvent me griffer, me frapper parfois quand tu déchaînes tes colères,ce sont tes larmes que je veux boire pour mieux t'offrir mon bonheur d'être …d'être pour toi. C'est parce que je vois en toi un miroir que j'ai autant de pudeur à te dire tout ça…alors je ne le dis pas. Pas assez surement...
Je te perdrai un jour à cause de tout ça.
Et je te perdrai aussi parce que, je ne veux pas te partager. Je te veux pour moi. Rien que pour moi. Aucune concession ou écart ne m'est acceptable. Je le refuse, je l'interdis. Je te l'interdis ! Tu es à moi, je ne veux même pas que tu puisses te poser la question. Je suis intransigeant, possessif, tant et si bien que cela tourne parfois à un caprice maladif que je garde pour moi. Cela me rend malade de me dire que peut-être, à l'heure où tu m'envoies un message, un autre te convoite, un autre use de toi, et que tout simplement tu m'oublies. J'en crève à l'intérieur, j'ai le ventre noué, et même si tu n'as rien fais de répréhensible, je finis par avoir une certaine rage contre toi.
C'est injuste n'est-ce pas ? Puisque tu n'as rien fais.
Je ne suis qu'un mâle après tout. Enfermé dans mes doutes et dans mes craintes de n'avoir à aimer qu'un improbable et fuyant souvenir.
Alors, désormais, je vais me taire moins fort.