Il y a quelques temps, dans un autre message, je laissais entendre que la séduction n’était ni plus ni moins qu’une tricherie. Un mensonge relayant l’envie de ne montrer de soi que le meilleur pour arriver à ses fins. Se présenter sous un jour qui ne laisse entrevoir aucune ombre. Parce que la séduction est un jeu et que le jeu est toujours mieux apprécié lorsqu’il est gagné. Et c’est donc d’un naturel quasi inné qu’on se fait autre, qu’on use d’artifices et qu’on devient par la force des choses tricheur. Juste pour gagner. Ou devrais-je dire, assouvir.
Volontairement, la description que je fais de la séduction est assez noircie car il arrive fort heureusement que l’on puisse séduire sans avoir à user ou à abuser d’un argumentaire pompeux, basé sur la saillance de ses vêtements ou encore sur la manière « enrosée » de faire comprendre à une femme qu’on a simplement envie d’elle. Avouons qu’il s’agit là d’une manière bien plus romantique et idyllique de définir la séduction.
Mais le plus intéressant dans tout ça, et ce quelque soit la manière dont on aborde ou conçoit la séduction, c’est de chercher à comprendre pourquoi et comment le déclic se fait. Je dis bien « chercher à comprendre » et non à le « comprendre ». Ce qui va pousser la personne en face de vous à changer d’avis sur votre personne et à se laisser entraîner du refus catégorique vers l’abandon le plus déluré. Quelle est la parole ou quel est le geste qui va faire basculer la situation ? Que se serait-il passé si cet événement était intervenu un peu avant ou un peu après ? Mystère.
Oh, et puis mieux vaut ne pas le savoir, ne serait-ce que pour conserver un peu de charme et d’inconnu à la rencontre et à cette alchimie qui se crée, parfois.
Comprendre serait de toute façon synonyme de fin, d’ennui, de lassitude ; voir même, de facilité. Il n’y aurait alors plus aucun intérêt à la séduction. Ni au jeu.
Laissons place aux « de si, de là », au chat et à la souris, au sourire complice suivie d’une feinte d’ignorance factice, à ce cache-cache des émotions qui nous rendent et faillibles, et bien vivants.
Décidez la, décidez moi.