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L'Ero Gène
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22 juillet 2011

L'Alibi D'Ô

Et d’une et d’eux,
Il n’y a rien qui ne chavire plus,
Que ses yeux,
Tueurs,
Emplis de cette désireuse envie
D'eux, corset délacé et corps étreint
Refermé sur lui-même, abdiquant,
Elle, pleurant sa rêverie humide de se sentir
Eprise, fouillée du regard insolent
De cette âme en absence,
Se perdre un peu plus et à mesure,
Au rythme et en cadence de sa
Tête qui balance, perdue,
Délivrée de l’emprise du bon sens,
Dernier rempart bienséant,
Immorale et souillant
Ses doigts,
Captifs,
Et la main habile lorsque
Soudain, Elle se prend à penser
A vouloir,
Qu’en ce lieu tremblant
Qu’en son ventre ébranlé,
A leur place,
Il n’y ait de place plus que pour lui.

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21 février 2011

L'école, Hier

Au détour d’un rangement plus appuyé qu’à l’habitude, je suis retombé sur d’anciennes lettres « d’amour » - comme on pouvait les nommer à l’époque – sagement enfouies avec d’autres vieux souvenirs de collège et de lycée.
Je n’en dévoilerai bien entendu pas les contenus. Ca n’aurait aucun intérêt, et serait assez impudique. Et puis les souvenirs doivent rester ce qu’ils sont et ne pas toujours remonter à la surface. Non pas que de vieilles blessures soient mal refermées, mais un souvenir a sa propre vie à lui qu’il se doit de vivre sans pour avoir le besoin de le faire revivre.
Naissant à fleur de peau, il finit lentement mais surement, non par mourir, mais par construire ce que vous êtes 20 ans plus tard. Il est en vous, caché quelque part, et lorsqu’il est amené à ressurgir pour quelque raison que ce soit, inutile de vouloir le ruminer, la jalouser ou encore l’ignorer. Mieux vaut l’accueillir avec tendresse.

Je me suis aperçu en parcourant rapidement ces quelques échanges épistolaires qu’à l’époque déjà, l’écrit était un mode de communication privilégié. Certains s’expriment avec des mots prononcés, d’autres avec des gestes ou des dessins, en formant des êtres de glaise ou de pierre, ou encore en chantant. Pour ma part, c’est en écrivant.

Au temps de ces lettres d’ailleurs, une jeune fille avait eu ces mots : « écrire est la meilleure manière de parler sans être interrompu ».

Je ne suis pas certain que ces mots soient d’elle mais le fait est qu’elle avait raison. Il me semble d’ailleurs que c’est suite à cet épisode que j’ai commencé à comprendre où pouvait conduire l’écriture, ce qu’elle pouvait permettre de révéler tout en s’affranchissant des autocensures de la parole.

Souvent je me suis demandé si l’écriture n’était plus « manipulatrice ». C’est vrai après tout. Ecrire, c’est s’autoriser la possibilité de recommencer sa phrase, de remplacer un mot par un autre après en avoir pesé toutes les subtilités, de retoucher, de déplacer une virgule ou que sais-je encore. L’oral est plus spontané et on ne peut pas tout à coup mettre un terme à son discours pour le formuler d’une manière différente sans que cela n’occasionne une réelle interrogation de la part de l’auditeur.

Mais après reconsidération, il est évident que l’oral peut-être tout autant « truqué ». Question de maîtrise, d’aptitudes de l’orateur, de savoir faire et d’expérience.

J’admire les gens qui peuvent soudainement prendre la parole et se lancer dans un monologue sans fin. Je ne les admire pas pour la teneur de leurs discours, mais simplement par leurs capacités à structurer et à retranscrire leurs pensées à la volée. J’en suis bien incapable alors que ce même phénomène m’est aisé et intuitif par écrit.

Pourquoi n’est-ce pas la même chose à l’oral ?...alors ça, c’est un mystère !

Donnez-moi quelques mots et je vous en tire 5 pages. L’enchaînement des phrases se fait de manière si automatique et naturelle que s’en est troublant.

Et sans être un écrivain doué de talent, je reconnais tout de même avoir la chance d’avoir une écriture assez immédiate et construite. Elle est directe et quasi sans retouches, même pour des récits parfois « complexes ». J’écris comme cela vient et ne relis qu’en de très rares occasions.

Cela me ramène d’ailleurs à mon sujet initial et mes années de lycée ; lorsque tout le monde ruminait le prochain devoir de philosophie ou le dernier commentaire de texte. Cela semblait une épreuve pour la plupart des mes camarades de classe. Ils se lançaient dans des constructions infinies, s’embrouillaient les neurones et bloquaient sur les fameux « plans », rédigeaient à tour de bras des brouillons, des ébauches, gribouillaient de rage les sujets et finissaient par se résoudre à prendre « une sale note ».

Et pour moi, tout me semblait simple. Je faisais ça à la dernière minute, parfois la nuit juste avant la remise des copies, entre deux pauses ou encore même, durant des cours que je trouvais nettement moins intéressants - ce qui expliquera certainement quelques notes catastrophiques dans les dites matières !!

Tout à la volée. Sans filet. Aussitôt écrit, aussitôt rendu.

Oh, je n’ai pas la prétention de me croire plus fort qu’un autre et certain de moi en toutes circonstances. J’imagine aisément que tout n’a pas du être à la hauteur de mes attentes ou de celles des professeurs, mais toujours est-il que j’ai rarement eu à me plaindre et rarement eu de remontrances.

Pour en revenir aux lettres retrouvées, sans aucun doute ont-elles étaient écrites pour dépasser une certaine timidité que j’ai toujours eu du mal à vaincre. Pas de risque de s’embrouiller, pas à affronter le regard direct et froid de la personne en face qui ne se sent pas concernée (malheureusement, c’est une possibilité !), pas besoin d’avoir à répondre ou de justifier le pourquoi du comment de manière immédiate – chose qui immanquablement se termine dans des « bah…heu…mouais…non mais laisse tomber » - qui au-delà de toute gêne rougeoyante démontre à l’être à qui vous aviez exprimé les plus belles choses au monde tout votre infini potentiel ridiculo-burlesque.

Autant avec les années et l’expérience cela devient gérable et parfois même un atout, autant à 15 ou 16 ans, c’est la « loose » totale. D’autant que vos petits camarades du même sexe ont tôt fait de vous faire remarquer combien vous aviez pu être ridicule. Non seulement ils vous le font savoir, mais en plus ne privent personne de cette affligeante déroute. Et encore plus, lorsqu’ils finissent par récupérer l’objet par lequel vous aviez déclaré toute votre fougueuse envie !

Mais avec le temps, les mots prennent une autre consistance. Plus troublante, plus intime. Les petites phrases innocentes – certainement qu’à l’époque déjà elles ne l’étaient pas tant que ça – se fardent d’idées plus équivoques, se parent de séduction comme le ferait la douce convoitée se vêtant de dentelles, et enivrent les sens.
Aux mots se mêlent les pensées, les images ; ou bien plus encore si on sait y lire entre les lignes, et qu’entre chaque mot, on sache associer tout ce qui ne se dit pas.

L’écolière d’antan revêt alors une image…beaucoup moins sage.

1 juillet 2011

Des Si, Des La

 

Il y a quelques temps, dans un autre message, je laissais entendre que la séduction n’était ni plus ni moins qu’une tricherie. Un mensonge relayant l’envie de ne montrer de soi que le meilleur pour arriver à ses fins. Se présenter sous un jour qui ne laisse entrevoir aucune ombre. Parce que la séduction est un jeu et que le jeu est toujours mieux apprécié lorsqu’il est gagné. Et c’est donc d’un naturel quasi inné qu’on se fait autre, qu’on use d’artifices et qu’on devient par la force des choses tricheur. Juste pour gagner. Ou devrais-je dire, assouvir.

 

Volontairement, la description que je fais de la séduction est assez noircie car il arrive fort heureusement que l’on puisse séduire sans avoir à user ou à abuser d’un argumentaire pompeux, basé sur la saillance de ses vêtements ou encore sur la manière « enrosée » de faire comprendre à une femme qu’on a simplement envie d’elle. Avouons qu’il s’agit là d’une manière bien plus romantique et idyllique de définir la séduction.

Mais le plus intéressant dans tout ça, et ce quelque soit la manière dont on aborde ou conçoit la séduction, c’est de chercher à comprendre pourquoi et comment le déclic se fait. Je dis bien « chercher à comprendre » et non à le « comprendre ». Ce qui va pousser la personne en face de vous à changer d’avis sur votre personne et à se laisser entraîner du refus catégorique vers l’abandon le plus déluré. Quelle est la parole ou quel est le geste qui va faire basculer la situation ? Que se serait-il passé si cet événement était intervenu un peu avant ou un peu après ? Mystère.

Oh, et puis mieux vaut ne pas le savoir, ne serait-ce que pour conserver un peu de charme et d’inconnu à la rencontre et à cette alchimie qui se crée, parfois.

Comprendre serait de toute façon synonyme de fin, d’ennui, de lassitude ; voir même, de facilité. Il n’y aurait alors plus aucun intérêt à la séduction. Ni au jeu.

Laissons place aux « de si, de là », au chat et à la souris, au sourire complice suivie d’une feinte d’ignorance factice, à ce cache-cache des émotions qui nous rendent et faillibles, et bien vivants.

Décidez la, décidez moi.

3 septembre 2010

...

J’ai, durant quelques années, officié dans le monde de la musique.

Cette dernière a été pour moi, du moment où je m’y suis vraiment impliqué une amie et une complice à part entière. A tel point qu’elle a également été une maîtresse, une amante et qu’à travers elle, des heures, des nuits et des semaines furent consommées, enlacé au creux de ses bras et de ses intimités les plus secrètes, enfermé dans mon monde, mon univers, cadenassé dans mon isolement créatif, presque devenu…autiste.

Il m’a été difficile de pouvoir expliquer ou mettre des mots sur ces moments là tout comme il a été surement compliqué pour mon entourage du moment de comprendre le pourquoi et le comment. Mais à vrai dire, la question ne se posait pas vraiment. J’étais dans ce monde là, entouré d’autres gens, comme moi, auprès desquels je n’avais pas à me justifier.

A un moment, j’ai tout de même écrit ces quelques mots à ce sujet :

«Les déraisons de la folie, la démence de l'égarement, et la douce addiction du trouble qui vous étreint, me laisser bercer par la vibration d'une note brisant un mutisme stérile, frissonner d'une harmonie qui vous arrache et vous plonge dans un exaltant, que dis-je, un tourbillon jouissif de divagations, cet abandon de soi à une osmose des énergies, ce vertige et ce voyage que l'on atteint au moment où sans logique aucune, sans aucune rationalité, on crée.»

J’ai ressenti l’autre soir, ou plutôt l’autre nuit au détour d’un reportage vu alors que je n’arrivais pas à dormir, les mêmes sensations et les mêmes vibrations jouissives. Une danseuse de flamenco dont je n’ai pas retenu le nom expliquait avec ses mots à elle tout ce que pouvait avoir de sensuel, d’animal et de sexuel cette danse. L’impression étrange de me reconnaître en elle m’a pris à la gorge et cette boule au ventre, la même qu’à l’époque où je rentrais en scène devant 20 ou 2000 personnes, m’ont replongé dans le passé. Sensation agréable je dois dire.

Métaphore filée autour de la sexualité. Bien entendu, il n’y avait rien de vulgaire, d’outrancier ou de purement « hard », mais ses mots, ses gestes, ses mimiques avaient tout pour vous faire penser à ça. Il suffit d’ailleurs de regarder une danseuse de flamenco pour s’en convaincre. S’il n’y a pas là de la sexualité, il n’y en a nulle part ailleurs dans ce bas monde !
Et en parlant de mimique, j’en reviens à la musique. Lorsque le type derrière son instrument vibre avec lui, ferme les yeux et grimace, presque ridicule aux yeux « des autres », presque exhibitionniste dans sa manière de jouir de son instrument, plus rien n’existe autour de lui et il se livre. Parce que pour l’avoir vécu moi-même, je peux affirmer que jouir ainsi, c’est se livrer, se mettre à nu et oublier toute notion de bienséance. La pudeur s’en va ailleurs et votre état second et votre transe vous emmènent loin. Loin de tout. Et vous faites l’amour, sans gêne aucune.

J’ai trouvé le parallèle fort intéressant. Un instant, l’idée du tango m’a traversé l’esprit. Après tout, il s’agit également d’une danse sensuelle aussi. Non ?
Mais très vite, j’ai vu dans le tango quelque chose de plus théâtral, de plus sur-joué et de moins primal dans sa manière d’être dévoilé. C’est en tout cas l’impression que j’ai en écrivant ces lignes et je ne crois pas que ma définition du départ puisse lui être appliqué.

Enfin, dans mes quelques réflexions embrumées – sommeil aidant -, j’ai eu quelques images de tauromachie. Je ne veux ouvrir aucune polémique à ce sujet. Chacun se fera son propre avis. Il me semble d’ailleurs presque malsain de pouvoir comparer la sexualité à de la tauromachie, mais tout de même… En reliant mon expérience de musicien, les dires de cette danseuse et l’image que j’ai de la tauromachie, j’y trouve des points communs, des similitudes érotiques et cette sensation étrange de vouloir plaire, de combattre, de lutter pour offrir le meilleur. Une bestialité animale, une rage à l’état pur, et du désir fougueux, sanguin, puissant. Du viscéral entourbillonné dans des nuages de poussières, de chaleurs, de sueurs et de cris.

J’espère avoir été, à ma manière, un musicien rempli d’un peu tout ça, et peut-être dans une autre vie, danseuse de flamenco ou toréro.

15 juillet 2010

L'Heureux Tour

Il y a parfois des choses qui se jouent de Vous, sans même crier garde et sans même vous laisser entendre une seule seconde qu’elles sont sur le point de venir se rappeler à votre bon souvenir.
Elles vous dégringolent sur le coin de la figure et vous plongent dans une telle surprise que les bras vous en tombent.

Cela me fait penser à ces magiciens qui, de leur art vous émerveillent, et vous laissent dans l’incompréhension la plus totale à la fin d’un tour. Non pas que cette dernière vous rende chagrin, mais lorsque elle vous saute aux yeux, vous n’avez d’autres solutions que de vous enflammer pour une telle réussite, puis de vous taire et enfin de chercher à comprendre l’incompréhensible.
Et bien entendu, pour que le tour soit réussi et que le magicien justifie son titre, même en y réfléchissant bien, il n’y a aucune rationalité qui puisse déjouer les mécanismes et autres secrets ou formule magique de l’artiste.

Les choses dont je parlais au début sont du même acabit.
Elles sortent de nulle part ou presque, comme sorties d’une manche, d’un chapeau, extirpées des entrailles de leur hôte, se reformant inexorablement après avoir été découpés en mille morceaux, disparaissant d’un côté pour mieux réapparaître de l’autre.
Non pas qu’elles me rendent chagrin, mais lorsque elles s’abattent de la sorte sur mes épaules, je n’ai d’autres solutions que de m’enflammer pour une telle surprise, puis de me taire et enfin de ne surtout pas chercher à comprendre.
Car bien entendu, pour que l’heureux tour soit réussi et que le magicien justifie son titre, il y a des magies qu’il ne vaut mieux pas chercher à expliquer.

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3 juin 2010

Le Mot d'Elle

Je la regarde

Et me demande bien ce qui peut sortir de ses mains,

De son crayon noir qui trace, colore,

Fait de ses contours la tendre esquisse.

D'un geste caresse le papier, use sa mine

En y sculptant la mienne,

Puis tour à tour me rend triste ou d'un soupir amoureux,

Tout à elle, créatrice, qui fait de moi ce qu'elle veut.

Et c'est sa main dans la mienne,

Mes lèvres posées sur les siennes,

Qu'en artiste, j'en ferais mon plus beau modèle.

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20 mai 2010

A quand remonte la dernière foi ?

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Je ne sais vraiment plus s'il est un temps où j'ai pu résoudre - ne serait-ce que partiellement - les éternels questionnements que posent l'analyse basique et virginale de l'amour.

A croire qu'il n'y a assurément pas de réel amour autre que le premier Amour.
Celui pour lequel on a vibré, sans même imaginer ce qu'il y avait derrière, et sans même savoir les tricheries, les mensonges et autres manipulations de l'art de la séduction permettant d'en conquérir d'autres, beaucoup moins innocents.
Cet amour la, celui qui n'avait été encore consommé, je m'en faisais une idée imprécise, bercé par les candides histoires de Princes et de Princesses.
Charmants les Princes, et charmantes... les histoires.

Surement ai-je ainsi moi même monté mon fidèle destrier pour aller sauver la Belle de la Bête, affronter ou connaître dragons et autres cracheurs de feux à travers les brumes et les sombres 7 lieues peuplées de loups, de féeriques plantes et d'autres affres, bien plus méchants ou dangereux, toujours plus profonds, obscurs et cafardeux.

Nul doute qu'à travers mes histoires d'enfant, celles qui me berçaient pour trouver le sommeil (ou le perdre !), je me suis bercé de douces illusions.
A mon réveil, une fois adulte et lorsque mes chevaux n'avaient plus de raisons de survivre autrement que sous mon capot, rien n'était plus pareil.
L'innocence avait disparue et si les Belles étaient encore à délivrer, il n'y avait plus rien ou presque de charmant.

A l'heure où je suis devenu soit disant "grand", je ne sais véritablement pas si d'un premier Amour à l'autre j'ai su garder la même grandeur d'âme, si joliment naïve et enfantine, et si aujourd'hui lorsque je désire séduire, j'y mets autant de vérités que le jour où j'ai voulu lui plaire à Elle.

A quand remonte la dernière foi ?

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29 octobre 2009

Combien la passe ?

Sur le trottoir d'en face, j'ai vu une femme errer,
Seule et belle, foulard vieillot autour de la peau.

Sur le trottoir d'en face, j'ai vu un homme s'approcher,
Laid et prédateur, les mains enfouies tout au fond de son manteau.

L'homme a fait mine de ne pas la voir et pourtant,
Une fois à sa hauteur il a, tête baissée, glissé un mot.

Elle, regard fixement posé sur lui, a répondu,
Par réflexe ou par survie, mais sans l'ombre d'une envie.

Ils se sont enfoncés dans un couloir, sombre et étroit,
Vers le fond d'une arrière-cour miséreuse,
Alcôve libératrice pour lui, payant de son argent,
Geôle pour elle, prisonnière payant de sa personne.

Plus tard ils sont ressortis.
Elle derrière et lui devant, le pas pressé.
Sans un regard pour sa victime et j'imagine,
Sans l'ombre d'un remords pour ce viol consommé.

Sur le trottoir d'en face, j'ai vu une femme errer,
Salie et bafouée, seule à en crever,
Tendant le maigre billet à un deuxième homme,
Tout aussi lâche et encore plus laid que le premier.

De mon trottoir à moi, je l'ai vu lui aussi,
S'éloigner d'un pas pressé, les mains enfouies tout au fond de son manteau.

Je suis allé vers elle et lui ai proposé un café.

De son accent typé elle n'a pas su me répondre,
Autre chose que la triste valeur de son amour tarifé.

16 mars 2008

Recette de la gauffre à la carotte

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                                 "Ainsi donc, Cher ami, j'avais à vous entretenir d'une douce recette, celle la même que j'ai su avec légèreté  vous évoquer quelques fois au travers de nos correspondances, malmenant au gré des mes bons désirs vos papilles alléchées et piquées de curiosité.

La voici donc, dans ses moindres détails, livrée à vos yeux que je sais garants des indicibles et secrètes effluves qui s'en dégage. Je n'ai plus qu'à vous dire que seule une recette scrupuleusement suivie au pied de la lettre pourra ravir le palais et les sens  de vos hôtes.

                                        Mettez tout d'abord, avant même de commencer quoique se soit, toute votre ardeur et votre esprit à accomplir la tâche. N'ayez crainte de vous épandre sur la table ou même d'avoir à transpirer.  Il est bien souvent nécessaire de s'employer intensément pour réussir les doux miracles du travail bien fait. J'attire votre attention sur les méfaits du jeune mitron impétueux  qui,  à vouloir ne pas accorder le temps au temps, se fourvoie bien trop précocement dans un échec que nous qualifierons de cocasse. Ne gardez que le meilleur et ravissez, je vous en prie, le palais effrontément gourmand de la délicieuse goulue qui sans se faire prier, se délectera de votre pièce jusqu'à la dernière miette.
                                        Appréciez ensuite chacun des ingrédients s'offrant à vous, et soyez quelque peu créatif. De jolis mets n'ont de sapidité que lorsque saveurs et textures s'entremêlent lascivement. Habile je vous connais, et si vous ne négligez aucun d'eux, vous connaîtrez le contentement du pâtissier satisfait.
                                        Ne choisissez aucunement une médiocre farine. Préférez-la vierge et d'une candeur sans faille. Ainsi blanche et satinée, elle filera le long de vos doigts charnus et pulpeux, à l'image d'une étoffe de soie qui  ne veut pas se résoudre à dévaler le galbe et les courbes des jeunes rosières.  Avec infinie douceur, saisissez alors de gros œufs dorés, en prenant grand soin de les soupeser finement un à un.
                                                Gardez-les dans le creux de vos mains, bien au chaud, et faites les lentement voyager en vous assurant après quelques instants de ce traitement que rien ne vient troubler votre concentration. Car n'oubliez pas ! Afin de monter la pâte, il vous faudra encore bien d'autres ingrédients et bien d'autres attentions indispensables à l'accomplissement de la dite recette.
                                        En tête, ayez à l'esprit que le moindre de vos gestes se doit d'une perfection et d'une certitude sans faille. De la sorte, sculptez une fontaine de farine, en y dessinant en son sommet l'empreinte d'un petit cratère. Humidifiez-le lentement, en y versant par petites touches un lait que vous aurez pris soin de parfumer à loisir. Celui-ci doit se perdre dans le plus petit des méandres du joli mont. Pas le moindre des interstices ne doit lui résister, et pour arriver à vos fins, je vous invite à malaxer vaillamment le tout. Mettez-y.... les deux mains !
         
                                                Z
estes et autres épices se doivent d'être introduits dès lors. Il n'y a rien de répréhensible à ce que certains artifices viennent chatouiller les éminences charnelles que sont nos papilles, mais veillez toutefois à ne pas en adjoindre trop. La discrétion est parfois suffisante. Seule la pincée de sel se doit d'une généreuse largesse. Pour le piquant.
                                        Mettez pour finir la douceur succulente d'un sucre venu de loin.Il fait partie de ces caresses qui viennent parfois vous chuchoter au creux de l'oreille des invitations au voyage et au vagabondage de l'âme. Adoucissez avec une petite portion de beurre. Il a lui aussi des vertus méconnues. Vous en conviendrez d'ailleurs lorsque malmené par la chaleur de votre agitation, il rendra à votre impatiente verdeur toute l'amertume de son fluide et sa forme la plus liquide.
                                                Obtenue de la sorte, votre pâte ne pourra que finir dégoulinante sur l'autel de son supplice brûlant, se gonflant avec espièglerie sous le feu léchant et caressant du moule. Et lorsque le frémissement se fera entendre, aussi subtil soit-il, il sera temps.
                                       
Incorrigible que je suis ! J'ai failli oublier de vous parler du principal ! J'y ai toutefois songé à bien des moments, mais avouez que si j'avais eu à vous parler de carotte délicatement introduite dans la gaufre, vous auriez peut-être eu de moi quelques idées bien légères.

Ainsi donc et pour conclure mes pensées, je vous offre ici le fondement de ma recette, faisant de moi une maître es culinaire, et de vous, j'en suis intimement convaincue, le plus heureux des pâtissiers."
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23 juin 2007

Et Ta Dame ?

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Ce soir j'ai vu la plus belle chose qu'il m'eut été donné de voir depuis bien longtemps. Quand je dis " belle ", c'est que mes yeux sont allés au-delà du simple caractère physique qu'elle pouvait dégager. Oui, ils sont allés au-delà de ça, se fixant avec affection sur son aura presque magnétique, ensorcelante qu'elle fut à l'autre bout du métro. A y repenser, il y avait presque une sorte de mise en scène, comme si la situation sortait tout droit d'une scène de film, avec ces tunnels défilant à toute vitesse, les bruyants voyageurs aux gueules tristes et minées, rageux d'être entassés, empilés les uns sur les autres en s'effleurant avec dégoût !
Une mise en scène donc, où le héros ne voit plus, n'entend plus, et ne sent plus les bousculades qui se passent autour de son monde. Ce monde où, elle seule vit et respire. Voilà. Il n'y a plus que deux êtres qui subsistent. L'un dans son monde, dans ses pensées, ne se souciant pas de l'autre qui l'observe. Et il y a mes yeux, posés sur elle.

Je suis fasciné par le velouté de son regard qu'elle ne dépose que sur ses futilités de femme contenues au fond d'un sac. Futiles et indispensables. Futiles parce que j'imagine qu'il s'agit de pétillantes artificiences et indispensables parce qu'à ce moment-là, c'est son regard avide de les retrouver, perdues dans son monde à main, qui la rend si belle. Je m'enquéris de connaître le dénouement, mais des ombres passent et repassent devant moi, me cachant l'objet de convoitise. Cela rajoute à la grâce du moment car il me semble tout à coup que mon plaisir vient surement aussi de cette même convoitise. Peut-être que si je l'avais eue de façon immodérée, ma satiété se serait voulue bien plus rapide. Alors j'éprouve le plaisant frisson de la deviner encore et encore, de retomber sur ses yeux, sur son visage et ses petites expressions d'énervement à ne pas trouver ce foutu je ne sais quoi.

Puis, l'espace se vide quelque peu, et je peux me laisser aller à m'éprendre de ma vision. C'est dingue comme cette fille a une âme, un charme. Voilà pour moi la vraie beauté, qui vous fait oublier et perdre la raison, telle une invitation à un voyage intemporel vers la Cité interdite. J'aurais presque l'impression de lui faire l'amour à la regarder comme je le fais, mais puisqu'elle ne me regarde pas, il n'y a pas d'échange, pas de partage. Alors à défaut de lui faire l'amour, je la possède à ma manière. Bien entendu que par la possession (dans un contexte de domination) on peut faire l'amour, mais dans ma situation du moment, cela relève d'autre chose. C'est plus que sexuel.
Je parle souvent de la cérébralité, et bien dans ce cas précis, il s'agit un exemple typique. La cérébralité pour moi, même si parfois il m'arrive de la réduire à de simples pulsions charnelles, est placée à un stade supérieur du contentement. L'esprit bien plus que le corps.
D'ailleurs, si son regard venait à croiser le mien maintenant, cela briserait un peu mon envoûtement. J'aime effleurer l'instant du bout du doigt, et en savourer l'amertume de l'inachèvement après coup. J'en garde un souvenir ému au creux de moi, je m'en nourris - peut-être trop… - mais peu importe. Vibrer ainsi, cela me plaît !

Allez, n'épiloguons pas sur mes états d'âme. Je pourrais vous expliquer en m'étalant ici, m'analyser et psychologier mes pensées dans d'innombrables lignes afin de me vouloir plus rationnel. Mais aucun intérêt !
Tout ce que je vois moi, c'est que plusieurs heures après mon plaisir, j'en vibre encore à un point que vous n'imaginez même pas. Et des orgasmes qui durent aussi longtemps, je n'en ai pas connus beaucoup.
A bon  entendeur…
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2 juillet 2007

Embras(s)e Moi !

Profil

25 juin 2008

Des Monts Emerveillent

Des_Monts_Emerveillent

8 mars 2011

Mosaïste

Mosaique

29 juillet 2007

En Vide d'Elle

Point

18 septembre 2008

L'addiction s'il vous plaît

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Je te consomme

Tu me consommes

Il te consomme

Nous nous consommons

Vous vous consommez

Ils t’additionnent.

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14 mars 2011

IMG_0259

31 mai 2010

Gourmandise_2

6 juin 2007

Bras

13 juin 2007

Doigts

21 juillet 2010

Douce_Musique

7 janvier 2008

Le_Tenir

15 juillet 2007

L_Ombre

4 juin 2007

VentreTorseSombre

19 avril 2007

Flou

17 septembre 2010

Le_Mur

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